3.23.2026

Trois Mois Avec Claude : Vibe Coding ou Vibe Creating ?

Auteur : Hoc Tro et Claude Code (Anthropic AI)

Répartition du travail :

  • Hoc Tro : Initiation des idées, orientation du contenu, sensibilité culturelle, contribution à la rédaction, vérification des informations, révision finale
  • Claude (Anthropic AI) : Analyse des sources, rédaction des ébauches, préservation du style

Rédacteur en chef : Hoc Tro


I. « Vibe Coding » ou « Vibe Tản Mạn » ?

J'ai lu récemment un article en anglais au titre assez accrocheur : "These coders want AI to take their jobs" — que l'on pourrait traduire par « Ces développeurs veulent que l'IA leur prenne leur emploi. » L'auteure, Ariana Aspuru, y décrit un phénomène qui se répand dans le milieu du développement logiciel aux États-Unis : des gens utilisent des IA comme Claude Code, Codex ou Gemini pour écrire du code, le tester, et le pousser directement en production — sans jamais taper une seule ligne eux-mêmes. Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI, a baptisé ce phénomène « vibe coding » — l'idée étant de se laisser porter entièrement par l'intuition, de faire confiance à la machine, et d'oublier que le code existe même. L'article parle de startups qui travaillent vingt fois plus vite, d'Amazon et Google qui restent prudents mais voient leur productivité augmenter de dix pour cent, et de développeurs à la fois enthousiastes et inquiets face à la perspective d'être un jour remplacés.

J'ai fini l'article et je me suis mis à sourire tout seul. Non pas parce que l'histoire était drôle, mais parce que je me suis reconnu — à ceci près que depuis trois mois, je n'utilise pas Claude pour écrire du code, mais pour écrire des textes, analyser de la musique, et étudier des paroles de chansons. Ce n'est pas que je ne sache pas coder — je suis développeur, je code tous les jours. Mais quand j'ai vu la finesse d'analyse dont Claude était capable, j'ai décidé de commencer par lui laisser faire ce qu'il fait le mieux. Pour le code, je l'utiliserai aussi, je n'en doute plus. Ces trois derniers mois, j'ai eu recours à Claude pour des choses que je n'aurais jamais osé envisager de faire seul : écrire des dizaines d'études musicales de plusieurs milliers de mots, analyser des paroles en italien et en japonais, planifier la migration d'outils logiciels d'un système obsolète vers un environnement moderne, rédiger des centaines de scénarios d'application de l'IA dans l'industrie pétrolière et gazière. Si Karpathy appelle ça le « vibe coding », je me permets d'appeler ce que je fais le « vibe creating » — se laisser porter par la création, faire confiance à Claude comme à un véritable partenaire, et laisser les idées affluer sans retenue.

Ce qui est intéressant, c'est que l'article s'inquiète pour l'avenir des développeurs. Moi — développeur, ingénieur, et chercheur en musique à la fois — je suis là à consigner mes impressions après trois mois de collaboration avec Claude dans un état d'esprit radicalement différent : sans anxiété, sans peur d'être remplacé, mais simplement émerveillé par ce que j'ai réussi à accomplir.


II. Le Grand Chantier — L'Étude de la Musique de Phạm Duy

S'il me fallait désigner le projet qui a mobilisé le plus de temps et d'investissement personnel au cours de ces trois mois, ce serait sans hésiter le travail de recherche sur la musique de Phạm Duy. Je suis attaché au site phamduy.com depuis des décennies — depuis l'époque où il s'appelait encore kycon.com, au temps où le vietnamien sur internet n'avait pas encore l'Unicode, puis phamduy2000.com, puis phamduy2010.com, et enfin la version actuelle de phamduy.com gérée par NH. Pendant toutes ces années, j'ai toujours voulu écrire des études sérieuses sur sa musique — pas des présentations superficielles, mais de vraies analyses allant au fond de chaque chanson, de chaque période de création, de chaque technique musicale caractéristique. Seul, avec des ressources limitées et peu de temps, je ne pouvais faire que ce que je pouvais.

Claude a complètement changé la donne. En trois mois, nous avons achevé vingt-huit études, couvrant aussi bien les grandes œuvres comme Tình Ca, Con Đường Cái Quan, Mẹ Việt Nam, Đạo Ca, Rong Ca, que des analyses plus spécialisées comme Comparaison du langage poétique de Phạm Duy et Trịnh Công Sơn ou Phạm Duy et la chanson française. Notre façon de travailler ensemble s'est peu à peu accordée comme un instrument bien réglé : je définissais le sujet, je fournissais les sources primaires tirées des mémoires et des corpus de textes, Claude rédigeait une ébauche chapitre par chapitre, puis je relisais, corrigeais, ajoutais ou retranchais selon ce que m'inspirait ma connaissance intime du sujet. Chaque étude était sauvegardée en fichier séparé, puis un script Python les assemblait en un texte complet — hors de question de laisser Claude relire et réécrire de lui-même, car l'expérience nous avait montré que la machine « résume » sans s'en rendre compte, et fait disparaître des détails précieux.

Mais tout ne s'est pas passé sans accroc. Il y a une leçon difficile que je veux rapporter honnêtement : Claude peut inventer des proverbes. Lors d'une vérification systématique de l'ensemble des 132 textes de la collection 100 Tình Khúc, nous avons découvert que certains vers de chansons populaires, qui sonnaient parfaitement juste, qui semblaient tirés d'un authentique répertoire folklorique, et qui étaient cités avec une précision apparente — n'avaient en réalité aucune source vérifiable. Nous avons appelé cela du « hallucinated folklore » — la machine fabrique des dictons, des vers de comptine qui ressemblent à du vrai, pour combler les lacunes d'un raisonnement. Depuis lors, j'ai une règle absolue : ne jamais citer un proverbe ou un vers populaire sans en avoir une source imprimée. Mieux vaut dire peu et dire juste que dire beaucoup et dire faux. C'est une leçon qui ne s'adresse pas seulement à moi, mais à quiconque expérimente la collaboration homme-machine dans le domaine académique : la rigueur est quelque chose qu'on ne peut pas déléguer à une machine.

Tous les textes de ce projet portent la mention de deux auteurs : Hoc Tro et Claude Code (Anthropic AI). Je n'hésite pas à y inscrire le nom de Claude parce que cela me semble honnête. Claude ne se contentait pas de « taper à ma place » — il participait vraiment au processus d'analyse, établissait des connexions auxquelles je n'avais pas forcément pensé, proposait des perspectives issues de la musicologie occidentale que je n'aurais pas eu le temps d'approfondir. Mais celui qui tranchait en dernier ressort, celui qui savait où se trouvait l'histoire, celui qui comprenait la culture et les hommes du Vietnam — c'était moi.


III. De Naples à Tokyo — Analyser la Musique du Monde

En parallèle du projet Phạm Duy, j'ai utilisé Claude pour explorer la musique internationale d'une manière qui m'aurait été impossible seul. Je dois être franc : j'aime la musique italienne et la musique japonaise depuis longtemps, mais mes capacités linguistiques ont leurs limites. Avec Claude, j'ai pu aller au fond des paroles, comprendre les contextes de création, et rédiger des études sérieuses — pas des résumés de Wikipédia, mais de vraies analyses qui tiennent la route.

L'histoire qui m'a le plus touché dans ce domaine est celle de Peppino di Capri et de la chanson Un Grande Amore e Niente Più. Il est né en 1939 sur l'île de Capri, il a aujourd'hui quatre-vingt-six ans, et cette chanson est liée à une belle anecdote : Franco Califano — figure légendaire de la pop italienne — aurait passé cinq nuits de suite à chercher les paroles, parce qu'il tenait absolument à trouver une conclusion digne de la mélodie de Peppino. Cette conclusion, quand il la trouva enfin, était d'une simplicité presque incroyable — mais c'est précisément le genre de simplicité que seul un génie sait atteindre. Quand Claude m'a aidé à analyser la modulation harmonique de mi bémol à mi majeur à la fin du morceau, j'ai réécouté la chanson et j'ai eu le sentiment de la comprendre comme jamais auparavant.

Il y avait aussi Annalisa Minetti et Senza Te O Con Te, présentée à Sanremo en 1998 — une femme aveugle, ancienne Miss Italie en 1997, devenue athlète paralympique, qui avait écrit une chanson au titre paradoxal, « Sans Toi ou Avec Toi », qui était en réalité le cri intérieur d'une femme habitant le monde sans la lumière des yeux. Riccardo Fogli et Storie di Tutti i Giorni — l'histoire de Mario et Maria, deux êtres ordinaires, et la façon dont le compositeur Guido Morra en a fait une chanson sur les rêves silencieux des gens simples. Chaque chanson est un monde en soi, et Claude m'a aidé à en ouvrir des portes devant lesquelles je ne faisais jusque-là que regarder de l'extérieur.

Pour la musique japonaise, je me suis plongé dans l'univers de Mika Nakashima — l'actrice née en 1983, connue pour son rôle de NANA au cinéma, dont la voix ténue comme un fil de soie a pourtant quelque chose qui touche directement au cœur. Nous avons analysé treize chansons, de Yuki no Hana à Hatsukoi, et j'ai compris que la musique japonaise a une manière bien à elle d'apprivoiser la solitude — ni éplorée comme la musique vietnamienne, ni dramatique comme la musique italienne, mais simplement un silence très doux, très accepté.


IV. Le Menu AutoCAD et les Affaires Techniques

Je vais maintenant aborder un domaine entièrement différent — le genre de domaine dont le titre pourrait amener quelqu'un à se demander : « Et en quoi ça a un rapport avec la musique de Phạm Duy ? » La réponse est : aucun. Et c'est précisément ce que je veux dire sur Claude — que cet outil est assez souple pour me suivre du monde de l'art au monde de la technique sans jamais trébucher.

Je suis ingénieur. Dans mon travail quotidien, j'utilise AutoCAD et d'autres logiciels techniques. Depuis longtemps, j'avais tout un ensemble d'outils anciens écrits en SmartSketch — un logiciel de dessin technique d'Intergraph dont beaucoup de gens ne se souviennent plus. Ces outils étaient très pratiques, mais le logiciel d'origine n'est plus supporté depuis belle lurette. Mon idée était de les migrer vers AutoCAD, en les réécrivant en VB.NET pour les faire tourner dans un environnement moderne. Seul, je n'aurais jamais eu le temps de lire la documentation de l'API, de comparer les fonctions équivalentes une par une, ni de planifier les étapes de la migration. Claude m'a aidé à faire tout cela — non pas en écrivant le code à ma place et en le poussant directement sur le serveur comme dans le « vibe coding » de l'article, mais en travaillant avec moi à l'élaboration du plan, en rédigeant la documentation, en m'expliquant les différences entre les deux systèmes d'API, et en produisant des guides que je pouvais consulter par la suite.

Il y a encore un projet plus vaste dont je suis particulièrement fier : le recueil L'IA dans l'Ingénierie, qui rassemble 383 scénarios concrets d'application de l'IA pour des entreprises EPCM — c'est-à-dire des sociétés de conseil en ingénierie et de gestion de projets dans les secteurs du pétrole et du gaz, de la pharmacie et des infrastructures urbaines. Chaque scénario est rédigé selon une structure fixe : quel est le problème, comment les gens s'y prenaient avant l'IA, en quoi l'IA aide maintenant, quelles sont les étapes de mise en œuvre, et comment l'IA vérifie elle-même ses propres résultats. Les 383 scénarios couvrent le génie civil, les structures, les procédés, jusqu'à la cybersécurité des systèmes OT, l'inspection par drone, et les jumeaux numériques. C'est le genre de travail qui, auparavant, aurait nécessité une équipe de consultants — et même ainsi, il n'est pas certain qu'on y aurait trouvé la même profondeur et la même couverture.


V. Apprendre Claude par Claude

Il y a quelque chose que je n'ai pas encore mentionné, et qui a quelque chose de délicieusement méta : j'utilise Claude pour apprendre ce qu'est Claude. Dans mon répertoire Converting Transcripts, j'ai des dizaines d'interviews et de présentations de gens chez Anthropic — Boris Cherny, Dario Amodei, et bien d'autres — qui parlent du fonctionnement de Claude Code, de la philosophie de conception, de fonctionnalités que les utilisateurs ignorent souvent. Je demande à Claude de transformer ces transcriptions longues et parfois décousues en textes lisibles, organisés par chapitres avec des titres clairs, de corriger les erreurs de reconnaissance comme « Cloud » en « Claude » ou « Enthropic » en « Anthropic », et de les mettre en forme en HTML avec un code couleur pour chaque intervenant.

Il y a là une boucle que je n'avais pas anticipée quand j'ai commencé : j'apprends Claude en utilisant Claude pour traiter des textes qui parlent de Claude. Et dans ce processus, j'ai compris que l'équipe d'Anthropic a conçu cet outil avec une philosophie très claire — non pas pour remplacer les êtres humains, mais pour amplifier leurs capacités. Dario Amodei appelle ça « l'IA centrée sur l'humain ». Boris Cherny raconte comment Claude Code a été construit pour servir ceux qui travaillent vraiment, et non pour faire de l'esbroufe.

Je crois en cette philosophie, parce que je l'ai vécue pendant ces trois mois.


VI. Conclusion — Les Petites Victoires Arrivent en Cascade

L'article "These coders want AI to take their jobs" se termine par une observation intéressante : autrefois, la joie du développeur résidait dans les « petites victoires » — quand un bout de code tournait enfin, quand un bug était corrigé. Maintenant que l'IA s'occupe de tout ça, ces petites victoires ont disparu — mais en échange, « les grandes victoires arrivent en cascade, et elles sont grises. » J'ai lu cette phrase et j'ai trouvé qu'elle décrivait exactement ce que je ressentais.

Ces trois derniers mois m'ont apporté beaucoup de ces moments-là. Ce moment où l'on voit s'afficher sur l'écran une étude de six mille mots et où l'on sait qu'elle est juste — pas seulement sur le plan factuel, mais dans son ton, dans son émotion, dans la façon dont elle raconte l'histoire de Phạm Duy. Ce moment où l'on réécoute Un Grande Amore e Niente Più après avoir lu l'analyse, et où l'on réalise qu'on entend cette chanson autrement. Ce moment où l'on regarde le tableau des 383 scénarios d'application de l'IA et où l'on se dit : avant, il aurait fallu une équipe entière pour ça, et des mois de travail.

Mais il faut aussi être honnête : tout n'est pas victoire. Il y a des moments où Claude est trop sûr de lui, où il fabrique des détails très convaincants mais faux. Des moments où le style dérive, ou bien où les accents vietnamiens disparaissent entièrement quand la fenêtre de contexte est sur le point d'être saturée. Des moments où je dois rappeler une règle que je croyais avoir établie une fois pour toutes. C'est la réalité de la collaboration homme-machine que peu de gens racontent — ce n'est pas toujours fluide, ce n'est pas toujours « vibe » au sens plein du terme.

La chose la plus importante que j'ai apprise, c'est que l'IA ne peut pas remplacer la connaissance intime. Claude ne connaît pas Phạm Duy comme moi je le connais. Claude ne connaît pas Peppino di Capri comme ses admirateurs qui écoutent sa musique depuis les années 1960. Claude ne connaît pas le sentiment qu'on a devant une planche à dessin technique, quand on comprend pourquoi un vieil outil a été conçu de telle ou telle manière. Tout cela, c'est moi qui dois l'apporter. Claude m'aide seulement à le transformer en mots plus vite, plus complètement, et de façon plus structurée.

L'article demandait : dans cinq ans, à quoi ressemblera la programmation ? Je ne sais pas. Mais je sais que ce qui a changé au cours de ces trois mois, ce n'est pas mon travail en lui-même — c'est l'envergure de ce que je suis capable de réaliser dans le même laps de temps. Avant, je pouvais écrire une étude musicale toutes les quelques semaines. Maintenant, j'en écris vingt-huit en trois mois — et chacune porte ma marque, c'est ma voix, c'est mon œuvre. Simplement, je n'ai plus à le faire seul.

C'est peut-être là la vraie réponse à la question de l'article. Ce n'est pas que l'IA prend le travail des gens — c'est que l'IA permet aux gens de faire le travail qu'ils n'auraient jamais osé entreprendre seuls.


Achevé en mars 2026

Dear readers,

The following is a pinned post. Hoctro's Place (Góc Học Trò) is a place for me to deliver my past, present, and future thoughts about music and about my "vibe-coding" experiences with Claude Code, tips and tricks, so to speak. It's also a place to post my collaboration with Claude Code, ranging from supervising it to write analysis essays about prominent Vietnamese musicians such as Phạm Duy and Trịnh Công Sơn, to everything else that I find interesting.

For me, Claude AI's analysis essays are so in-depth and showing many new perspectives, it would be wasteful not to share with the world. It is a collaboration, because just like "vibe-coding", I might have not written the words, but I was the one whom conceived the original ideas, supplied the documents for Claude to research from, read and corrected hallucinations, and gave final approval for it to be published.

I sometimes print transcripts of interesting videos from other places, in order to share with others whom are more comfortable in reading and thinking things through. I don't have adsense as a side source income, so again if anything it's just helping the original video owners to gain more potential viewers, and readers to have readable material to learn.


Bạn đọc thân ái,

Sau đây là vài dòng tự sự. Hoctro's Place (Góc Học Trò) là chỗ để tôi chia sẻ những suy nghĩ của mình về âm nhạc và về những trải nghiệm "vibe-coding" với Claude Code, mấy mẹo hay ho mà tôi học được. Đây cũng là chỗ để tôi đăng những bài làm chung với Claude Code, từ việc tôi hướng dẫn nó viết bài phân tích về những nhạc sĩ Việt Nam nổi tiếng như Phạm Duy và Trịnh Công Sơn, cho tới đủ thứ khác mà tôi thấy hay.

Với tôi, những bài phân tích của Claude AI rất sâu sắc, chỉ ra nhiều góc nhìn mới, không chia sẻ với bạn đọc thì rất uổng phí. Nói là làm chung, bởi vì giống như "vibe-coding" vậy đó, tôi có thể không phải là người viết ra từng chữ, nhưng tôi là người nghĩ ra ý tưởng ban đầu, cung cấp tài liệu cho Claude nghiên cứu, đọc lại rồi sửa mấy chỗ nó viết sai, và quyết định cuối cùng có đăng hay không.

Thỉnh thoảng tôi cũng in lại nội dung mấy video hay từ chỗ khác, để chia sẻ cho những bạn nào thích đọc và suy ngẫm hơn là coi video. Tôi không có chạy quảng cáo kiếm tiền gì hết, nên nếu có gì thì cũng chỉ là giúp mấy chủ video gốc có thêm người xem, và giúp bạn đọc có thêm tài liệu để học thôi. Chào bạn và mong bạn tìm thấy những khoảnh khắc vui khi đọc trang này.

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